Dans quelle société vivons-nous ? (1/7)La gauche est à reconstruire. Est-ce si certain ?
Ou pour le dire crûment, de quoi avons-nous réellement besoin ?
D’une Gauche ou d’une vraie Opposition ?
Quoi qu’il en soit, il nous faudra d’abord trouver de nouvelles narrations politiques pour y parvenir, au sein desquelles la question du pouvoir sera la question la plus urgente à poser. Or si partout l’on peine à repenser cette question, peut-être est-ce parce que l’on ne dispose pas de moyens adéquats pour décrire la société dans laquelle nous vivons.
Comment la décrire ? Avec quels outils théoriques ?
Le problème serait-il toujours celui d’une régulation des rapports entre France d’en haut et France d’en bas ?
Mais depuis 1789, l’Etat n’est plus identique à la société et ne peut en conséquence la représenter. Et parce qu’il ne lui est plus identique, tout le problème depuis aura été celui de la limitation de son pouvoir. Or c’est en divisant ce pouvoir entre gouvernement et opposition qu’on a fini par le limiter convenablement. La vérité d’un état démocratique réside là : dans la nécessité d’un sommet contingent, labile.
Cette déstabilisation fondatrice de la puissance suprême est l’essence même du caractère démocratique de nos sociétés, qui inclut dans le pouvoir politique la particularité de valeurs nécessairement opposées.
De sorte que ce qui est fondamental, en politique, c’est la fonction d’opposition.
Or en France, cette fonction n’a pas été assumée par la gauche socialiste. On peut en outre interpréter l’ouverture sarkozyste comme la volonté de mettre fin à cette vertu d’opposition sans laquelle aucune démocratie digne de ce nom ne peut survivre.
C’est pourquoi l’électorat a dû récupérer et devra récupérer demain pour son propre compte ce principe d’opposition.
En attendant, faut-il reconstruire une Gauche capable d’opposition ? Quand la social-démocratie que la Gauche de pouvoir nous a accommodée n’aura été qu’un social-libéralisme en trompe-l’œil ? Que faire de cette Gauche qui s’était convaincue depuis longtemps qu’elle ne pouvait changer la vie ? Que faire de cette gauche qui avait tenté de battre la droite sur son propre terrain : plus de richesse, moins de protection sociale. Que faire d'une gauche qui avait cru que la classe moyenne avait définitivement triomphé non pas de la misère, mais des pauvres ? Qui affirmait presque que nous allions enfin pouvoir, entre nous, redistribuer les parts du gâteau ? Déjà elle rêvait de conduire une politique soustraite du fardeau des pauvres. Un vrai Speenhamland dont l’idéal se mesurait à l’aune de la poussée de la précarité en France et de son acceptation : la dissolution du peuple de gauche. Dissolution aidée, accentuée par les médias (à coups de sondages d’opinion), lesquels, pareillement, n’ont plus voulu assumer leur fonction d’opposition pour goûter à leur tour aux ors du pouvoir...
Bande à part, de Jean-Luc Godard, 1964.
Deux jeunes marlous se hasardent dans un hold-up minable en compagnie d'une jeune fille candide – à voir comme un hommage aux séries B hollywoodiennes, plutôt qu’une allusion aux tentatives d’escroquerie minables sur la vie politique française contemporaine.
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Que sont devenus les Golden Boys des années quatre-vingt ?
Publication savante, animée par un bataillon d’universitaires. Cette parution du Manuel a déjà le mérite d’éclairer explicitement le basculement opéré par Proudhon dans
son positionnement politique : il y a en effet un avant et un après 1848, dont le Manuel est la parfaite caisse de résonance. Avant 48, Proudhon militait encore pour, disons, la
mutualisation des efforts entre bourgeoisie vertueuse (productive) et classes travailleuses. Avec l’échec de la Révolution de 1848, il radicalisera son engagement pour ne fonder ses espoirs que
dans la classe ouvrière. Mais en 1858, déçu par celle-ci après l’avoir été par la bourgeoisie industrieuse, il fuit la France. Que s’est-il passé ? L’appareil critique déployé autour de cette
publication est un peu court sur cette question. Faute sans doute d’épouser avec Proudhon le même manque de discernement dans l’analyse politique, ou plutôt, de ne pas disposer des descripteurs
adéquats autorisant une compréhension plus fine de la société –autant celle que vit Proudhon, pour ce qui le concerne, que la nôtre, pour ce qui importe quant à la fortune de cet essai et ses
usages possibles, aujourd’hui. Peut-être est-ce aussi parce que l’opus s’appuie beaucoup sur le Journal de Proudhon pour fournir les éléments de compréhension de la démarche de
l’auteur.
Mépris, menteries benoîtes, falsifications éhontées de l’Histoire (voir le ridicule 9 novembre de Nicolas), auxquels ajouter l’incroyable diatribe du député
Raoult contre Marie Ndiaye (http://bibliobs.nouvelobs.com/20091109/15794/eric-raoult-rappelle-marie-ndiaye-a-son-devoir-de-reserve) . Le tout énoncé dans une langue d’une vulgarité sans borne…
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